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Un exemple : le Bois de Lauzelle
 

Données physiques

  Auteur : P. Califice

1. Géographie
     
  Situé en plein coeur de la province du Brabant Wallon, en Hesbaye, sur les communes d'Ottignies, principalement, et de Wavre, pour une très petite partie, le Bois de Lauzelle a une superficie de quelque 192 ha.

Le bois s'articule autour d'une vallée principale encaissée — le Blanc-Ry — orientée d'est en ouest et sur laquelle viennent se raccorder plusieurs vallons aussi fort encaissés généralement orientés nord-sud et sud-nord, donnant à l'ensemble l'aspect d'une feuille avec ses nervures.

L'altitude maximale est de 130 m à l'est. La partie la plus basse — altitude 67,5 m à l'ouest — est une sorte de cuvette se terminant en entonnoir dont le rétrécissement correspond à l'incision dans le socle rocheux.

Le débit moyen du Blanc-Ry y est de 37 l/sec.

2. Géologie

Le socle (Massif du Brabant), affleurant à l'ouest, est daté du Cambrien, étage Devillien (Primaire), représenté par des quartzites et des phyllades verdâtres. Les formations plus récentes (et initialement très épaisses) du Primaire ont été ici complètement érodées mais sont encore présentes plus au sud et à l'est.

Le Secondaire n'est pas renseigné sur la carte géologique. Il est en effet très rare et se rencontre seulement par sondage. Il s'agit en principal de traces de Crétacé et de lits résiduels de silex.

On retrouve donc immédiatement au-dessus du Primaire, en discordance, les couches du Tertiaire. D'abord, entourant le Devillien, affleure, en demi-anneau (entonnoir), l'étage Landénien, assez mince, composé de sables, psammites, argilites, sables argileux et galets noirs. Ensuite, couvrant la quasi-totalité du bois, se superpose l'étage Bruxellien composé principalement de sables. Enfin, à l'extrémité orientale, subsiste une petite surface de l'étage Tongrien composé de sables très micacés, finement stratifiés, surmontés par de l'argile plastique.

Le Quaternaire se caractérise principalement par le recouvrement général de loess, limon éolien apporté pendant les périodes de glaciation (Pléistocène) et qui fait toute la richesse des terres de Hesbaye.

L'érosion hydrographique va ensuite creuser le relief, en emportant par endroits tout le limon et en dégageant progressivement les couches plus anciennes. Les colluvions seront en partie bloquées par le verrou cambrien et vont ainsi recouvrir, en alluvions à faible pente, tout le fond de la vallée du Blanc-Ry.

3. Pédologie

La pédologie est directement et intimement liée à la géologie et à la topographie :

Les parties les plus élevées sont très bien drainées par les couches de sables sous-jacents, voire drainées excessivement sur les sols sableux du Tertiaire. À l'inverse, les sols alluviaux des vallées et des dépressions ont un drainage insuffisant par l'accumulation des argiles qui y ont migré par la pédogénèse et la présence sous-jacente des roches primaires. La nappe phréatique affleure ainsi en de nombreux endroits.

Sur les plateaux, on rencontre donc le plus souvent des sols limoneux et limono-sableux, correspondant à des sols lessivés à peu lessivés.

Sur les versants, l'érosion due au ruissellement a enlevé en partie le limon et laissé des sols sablo-limoneux, sableux et sableux podzoliques.

Avant l'intervention de l'homme, le fond de la vallée principale était une tourbière dans sa partie la plus basse, caractéristique d'un drainage quasi nul — la formation de la tourbe est encore active en certains endroits —. Bien que la vallée fut ensuite drainée artificiellement pour l'exploitation forestière (sans grand succès), ces fonds restent toujours très humides présentant fréquemment des sols saturés et des gleys.

Les modifications récentes — créations de mares en particulier — ne pourront que rendre ces lieux plus humides, c'est-à-dire plus proches de leur état naturel et ce dans l'intérêt de la diversité biologique.

4. Climatologie

Selon les données enregistrées par l'Institut d'Astronomie et de Géophysique de l'U.C.L. sur 15 ans (de 1976 à 1990) à la station du cyclotron à Louvain-la-Neuve, les valeurs MOYENNES annuelles sont :

  • Température annuelle : ± 9,4°C
  • Température minimum : 1,2°C en janvier
  • Température maximum : 17,1°C en juillet
  • Précipitations : 816 mm
  • Premières gelées : 11 novembre (extrêmes : 27 octobre et 13 décembre)
  • Dernières gelées : 17 avril (extrêmes : 21 mars et 3 mai)
  • Premières neiges : 19 novembre (extrêmes : 8 octobre et 1er janvier)
  • Dernières neiges : 15 avril (extrêmes : 4 mars et 14 mai)
  • Insolation : 1585 heures
  • Vents dominants : S, SSO, SO, OSO et O (vitesses les plus élevées en orientation SO)
Le climat local du Bois de Lauzelle est cependant différent car relativement influencé par la densité du couvert végétal qui diminue l'impact du vent et du soleil tandis qu'elle augmente l'humidité.

Ce climat est d'autre part complexifié par la grande diversité de microclimats notamment liés aux reliefs — orientations différentes — et à l'humidité. Ainsi, sur très peu de distance, on rencontre des versants sud chauds et secs, des fonds froids et humides, des versants nord froids et secs à humides. On peut ainsi constater, en fonction de l'état de croissance de la végétation, un décalage de saison de plus d'un mois d'un versant à un autre.

   
 
Mise à jour : 12/12/01 17:29 UCL/BIOL/ECOL Webmaster : P. Califice Copyright © 2001 UCL/ECOL