La Forêt, Sa Flore, Sa Faune, Sa Gestion
Un exemple : le Bois de Lauzelle
 

Borne 13(à 95 m)

À gauche, un peuplement de pins sylvestres a été planté en 1962; leurs fûts droits sont, pour le sylviculteur, l'indice d'une excellente origine. Depuis 1979, des éclaircies sont régulièrement effectuées tous les 4 à 5 ans. La première, systématique, a enlevé une ligne d'arbres sur 3 ; les suivantes ont permis la sélection des plus beaux sujets du peuplement.

C'est en effet vers l'âge de 20 ans que la majorité des espèces résineuses tempérées demande la première intervention du forestier qui marque les arbres à éliminer par l'exploitation : arbres dépérissants ou de qualité inférieure (au fût tortueux, fourchu, chancreux, pourri, etc.).

Martelage
Méthode de sélection qui consiste à choisir et à désigner par une marque — flache — effectuée à l'aide du marteau forestier, les arbres à abattre. C'est le martelage en délivrance.

L'identification et le repérage de ces arbres s'effectuent par l'enlèvement à hauteur d'homme d'un morceau d'écorce — flache.

Sur le bois ainsi mis à nu, le forestier imprime à l'aide du marteau forestier, une empreinte particulière, signe du propriétaire (dans le cas présent UL). Cette opération de sélection, essentielle en sylviculture, s'appelle le martelage.

À droite, la recolonisation par le bouleau et le cerisier tardif est plus ancienne : ces essences forment un taillis dense très apprécié par le chevreuil comme abri. Le bouleau rencontré ici — le bouleau verruqueux — croît spontanément sur sols secs, sableux et très éclairés par opposition au bouleau pubescent plutôt confiné aux zones humides et froides. Ce dernier est fréquent, par exemple, dans les tourbières de Haute Belgique.

Actuellement, le bouleau de qualité est utilisé dans la fabrication de contreplaqués, placages, jouets. Il donne une excellente pâte à papier. Jadis, on en faisait des balais ; l'écorce servait à confectionner des chaussures et le bois tendre à la fabrication des sabots. La sève est utilisée pour obtenir un vin pétillant et sucré de même qu'un remède contre les rhumatismes. Dans les régions du Nord de l'Europe, son écorce a été fréquemment utilisée pour la fabrication de cuirs de qualité : tannage des peaux et extraction d'une huile de traitement des cuirs.

Dans les bouleaux, quelques nichoirs ont été placés pour la chouette hulotte et le pigeon colombin. Un peu plus profondément dans cette parcelle, sur sol plus riche, un semis naturel de châtaignier agrémente le sous-étage.

 

Au bas de la pente, tournez à droite en silence car vous vous trouvez dans une zone très appréciée des chevreuils.

 

Borne 14(à 265 m)

Le Bois de Lauzelle présente une grande diversité de biotopes parfois sur de faibles distances. C'est ainsi qu'à gauche, la vue dégagée sur la vallée permet de découvrir une succession de peuplements : la chênaie mélangée sur le flanc du coteau, la peupleraie-aulnaie-saulaie sur le fond humide, l'érablière sur les pentes humides du flanc opposé et plus haut la chênaie-hêtraie.

Cette station est exposée au sud. Par opposition à l'autre versant, on remarque surtout au début du printemps un contraste dans le développement de la végétation : débourrement plus hâtif des arbres et arbustes sur le versant sud. Cet écart est également ressenti au niveau de la végétation herbacée et de la faune : apparition plus hâtive des insectes et cantonnement des oiseaux nicheurs détectables par l'intensité des chants. Ce contraste d'exposition se retrouve à plus petite échelle entre les deux parois sud et nord des troncs d'arbres. Les invertébrés vivant sous les écorces hivernent d'ailleurs de préférence du côté sud ou sud-ouest des troncs. Coupe schématique d'un des principaux vallons du Bois de Lauzelle
La variation topographique et la diversité des sols ont permis d'établir une succession de peuplements en harmonie étroite avec les conditions locales et présentant de forts contrastes sur une très courte distance.

La flore arborescente est riche et variée dans cette zone : on peut redécouvrir de nombreuses espèces relevées précédemment : le bouleau, le cerisier tardif, le pin sylvestre, le chêne rouge d'Amérique, le mélèze, le charme, le hêtre, le chêne sessile sans parler des aulnes et saules qui seront abordés sous peu. Ce mélange intime, souvent pied par pied, engendre au printemps, lors du débourrement, et l'automne, lors du jaunissement des cimes, une mosaïque de couleurs rendant cette partie du bois particulièrement attachante.

 

Les stations suivantes (bornes 15 à 22) s'attachent à décrire et à analyser la flore et la faune rencontrées dans les lieux humides. On entre en effet dans une vaste vallée alimentée par de nombreuses sources permanentes, même en période de sécheresse, et parcourue par divers ruisseaux. Les cartes anciennes donnaient à ce site le nom de « Bois de Warnombroux », la partie «broux» signifiant un fond très humide de type marécageux, Warnon serait un nom de personne d'origine germanique.

L'ouverture du paysage permettra aussi, en saison et par temps ensoleillé, de découvrir les papillons du Bois de Lauzelle. Nous ne citerons que les plus fréquents tels que : la Piéride du navet (Pieris napi L.), la Piéride de la rave (Pieris rapæ L.), la Piéride du chou (Pieris brassicae L.), le Citron (Gonepteryx rhamni L.), l'Aurore (Anthocharis cardamines L.), le Paon du jour (Inachis io L.), le très typique Robert le diable (Polygonia c-album L.), le Tircis (Pararge ægaria L.).


Aurore
Anthocharis cardamines
Papillon caractéristique par son dimorphisme sexuel : mâle plus petit avec grosse tâche orange en bout d'aile antérieure. Inféodé à la cardamine des prés.
Envergure : 3,5-4,5 cm.

Paon du jour
Inachis io
Envergure : 5-6 cm.

Robert le diable
Polygonia c-album
Envergure : 4-5 cm.

 

 

   
 
Mise à jour : 19/12/01 12:25 UCL/BIOL/ECOL Webmaster : P. Califice Copyright © 2001 UCL/ECOL