La Forêt, Sa Flore, Sa Faune, Sa Gestion
Un exemple : le Bois de Lauzelle
 

Borne 15(à 115 m)

Si les mares ont été créées atificiellement, ce que certains puristes pourraient reprocher, il faut savoir qu'il y a quelques milliers d'années, avant l'intervention de l'homme, cette partie du bois était une tourbière — « milieu humide » par excellence —. Mais l'homme, toujours soucieux de rentabiliser au maximum les sols les plus incultes, y effectua des drainages.

L'endiguage de ces nouvelles mares contribue ainsi à remettre en place, dans la mesure du possible, les lieux dans un état plus proche de ce qu'ils étaient naturellement.

À droite, une grotte artificielle de 300 m3 a été construite pour servir d'abri aux chauve-souris (Chiroptères). Elle a été modulée dans le relief du sol afin de la rendre invisible. La remontée de la nappe phréatique — par la création des mares — y assure une humidité permanente et une température constante.

Les mares ont été aménagées en roselière initialement par l'apport extérieur de plantes rivulaires afin d'accélérer le processus de recolonisation. On pourra ainsi admirer, en se rendant vers la borne 16, de nombreuses espèces telles que : iris jaune (Iris pseudacorus L.), sagittaire (Sagittaria sagittifolia L.), massette à larges feuilles (Typha latifolia L.), massette à feuilles étroites (Typha angustifolia L.), trèfle d'eau (Menyanthes trifoliata L.), menthe aquatique (Mentha aquatica L.), jonc des chaisiers (Scirpus lacustris L.), faux-nénuphar (Nymphoides peltata (S.G. Gmel.) O. Kuntze), nénuphar jaune (Nuphar lutea (L.) Smith), nénuphar blanc (Nymphea alba L.), potamot à feuilles crépues (Potamogeton crispus L.), rubanier ramifié (Sparganium erectum L.)...

Cette végétation abondante est propice au développement de nombreux insectes et en particulier les gracieux Odonates (demoiselles et libellules). Pour ne citer que les plus courants : le leste vert (Lestes viridis VdL.), l'agrion élégant (Ischnura elegans VdL.), l'agrion jouvencelle (Coenagrion puella L.), la libellule déprimée (Libellula depressa), l'æschne bleue (Aeschna cyanea Müll.), le sympetrum vulgaire (Sympetrum vulgatum L.).

 

Agrion jouvencelle
Coenagrion puella L.
Taille : ± 3,5 cm.

Æschne bleue
Æschna cyanea
Taille : 6-7 cm.

 

La borne 16 est située au carrefour des mares.

 

Borne 16(à 90 m)

Dans les mares, les batraciens abondent : larves et adultes de triton alpestre (Triturus alpestris Laurenti) et ponctué (Triturus vulgaris L.). Les adultes du crapaud commun (Bufo bufo L.) et de la grenouille rousse (Rana temporaria L.) existent également à cet endroit mais sont moins inféodés à l'eau libre. Leurs larves — têtards —, par contre, sont obligatoirement aquatiques et se rencontrent le plus souvent dans les eaux stagnantes ou peu courantes.


Triton alpestre et Triton ponctué
Triturus alpestris Laurenti et Triturus vulgaris L.
Par opposition à la salamandre, les tritons vivent plus longtemps dans les eaux principalement stagnantes. Comme tous les batraciens, les tritons ont une respiration aérienne à l'état adulte et branchiale à l'état larvaire.
Taille adulte : 8-9 cm.


Crapaud commun
Bufo bufo L.
Le mâle est plus petit que la femelle. La peau est couverte de glandes qui sécrètent du venin irritant.
Taille du mâle : 5-8 cm.
Taille de la femelle : 8-10 cm.


Grenouille rousse
Rana temporaria L.
Cette grenouille est assez commune et se rencontre le plus souvent hors de l'eau, contrairement à la grenouille verte qui, elle, séjourne en permanence dans les mares et les étangs. Les têtards sont très nombreux dans les mares d'eau stagnante.
Taille adulte : 6-9,5 cm.

Les poissons sont éliminés des mares pour favoriser les batraciens et la clarté de l'eau. La richesse en microplancton a aussi permis la réintroduction de l'écrevisse indigène (Astacus astacus).

Parmi les nombreux oiseaux qui fréquentent ces endroits, citons notamment la bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea ) et la mésange à longue queue (Ægithalos caudatus ). Celle-ci fabrique son nid à partir de lichens, de mousses, de fibres et de toiles d'araignées, le remplit ensuite de plumes et de poils et termine la « décoration » par des ailes translucides d'insectes.

Quelques chênes morts, noyés par une trop grande humidité (essai infructueux de rentabilisation des précédents gestionnaires), sont volontairement laissés sur place pour servir de nids aux oiseaux, de tambours pour les pics et de repères pour les chauve-souris.

En plus de leur intérêt biologique, les mares — et tous les milieux humides en général (étangs, tourbières, prairies humides, rivières non canalisées...) — ont une fonction hydrologique très importante : ce sont d'excellents tampons régulant les crues et décrues, évitant ainsi tant la sécheresse que les inondations. On peut à nouveau écourter le circuit de 900 m en rejoignant la borne 20 à gauche dans le chemin de Viveroux. Sinon on prend à droite puis à gauche vers Clerlande.

À droite, à l'entrée du sentier, une petite mare est particulièrement riche en tritons.

Plus loin, à gauche du sentier, de nombreux suitements de petites sources permettent une grande diversité dont diverses espèces de laîches. Les laîches (Carex spp. ) ne sont pas des graminées (Poacées) mais appartiennent à la famille des Cypéracées. Leurs tiges sont toujours pleines, souvent trigones et sont dépourvues de noeuds à l'intersection des feuilles. Les laîches sont caractéristiques des sols pauvres ou gorgés d'eau.

 

 

   
 
Mise à jour : 13/12/01 15:02 UCL/BIOL/ECOL Webmaster : P. Califice Copyright © 2001 UCL/ECOL