La Forêt, Sa Flore, Sa Faune, Sa Gestion
Un exemple : le Bois de Lauzelle
 

Borne 17(à 320 m)

La borne se situe à hauteur d'une très belle lande à bruyère, vestige des techniques agro-pastorales.

Cet endroit a l'avantage d'accueillir une grande diversité d'oiseaux et d'offrir une excellente résonnance. On en profitera donc, en gardant le silence, pour écouter le pic épeiche, le pic vert, la grive musicienne, le troglodyte, le pouillot fitis, le pouillot véloce, le pigeon ramier, le pipit des arbres, le grimpereau des jardins, le pinson des arbres, le rouge-gorge...

On peut remarquer, le long du sentier, des chambres de visite. Il s'agit de l'égoût provenant du Centre William Lennox. Anciennement, toutes ces eaux polluées se déversaient dans le Blanc-Ry. Après de nombreuses tractations, un accord fut acquis pour dévier les eaux usées vers la station d'épuration d'Ottignies. Une belle victoire pour la propreté des eaux.

En descendant vers l'étang, on découvre une importante colonie de Prêle très élevée (Equisetum telmateia Ehrh.). Cette prêle magnifique est la plus grande parmi les 7 espèces répertoriées en Belgique — elle peut atteindre 2 m.

Les ancêtres des prêles - qui appartiennent à l'embranchement des Ptéridophytes - étaient parmi les plus anciens végétaux terrestres. Il y a quelque 350 millions d'années, ils atteignaient quelque 30 m de hauteur et ont ainsi formé, avec les fougères arborescentes, bien avant l'arrivée des végétaux supérieurs, les premières forêts de notre planète.

On distingue facilement les tiges stériles, pourvues de nombreux verticilles de longs rameaux verts, des tiges fertiles blanc rougeâtre, de la grosseur d'un doigt, terminées par un gros épi oblong. La prêle, riche en silice, était autrefois utilisée pour le ponçage dans les travaux de marquetterie, du cuivre et du cuir.

Prêle très élevée
Equisetum telmateia Ehrh.
Tige stérile à droite (40-100 cm) et fertile à gauche (20-40 cm).

 

Borne 18(à 240 m)

Anodonte des cygnes
Anodonta cygnæa
Commune dans les eaux stagnantes.
Vit dans la vase de fond. Taille : 10-20 cm.

  L'étang de « Warlombroux » aurait été créé en 1936. Il est alimenté par le Blanc-Ry et par un ensemble de sources situées au sud et à l'est. Les eaux y sont particulièrement claires.

Une plante aquatique, l'élodée (Elodea sp.) a été récemment introduite pour sa capacité à précipiter le carbonate de calcium (calcaire) qui est fort utile à la formation des carapaces des crustacés et des coquilles de mollusques.

La faune aquatique compte notamment des Anodontes. Ces grosses moules d'eau douce sont de précieux filtreurs d'eau. À ce niveau de la chaîne, elles sont aussi parmi les premières touchées par une éventuelle pollution.

Les poissons sont surtout représentés par l'épinoche (Gasterosteus aculeatus), le goujon (Gobio gobio), le gardon (Rutilus rutilus ), la truite commune (Salmo trutta fario).

On peut observer une avifaune abondante. Parmi les oiseaux : le canard colvert (Anas platyrhynchos), la poule d'eau (Gallinula chlorophus), la foulque macroule (Fulica atra), le héron cendré (Ardea cinerea), le grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), et le fuligule morillon (Aythya fuligula). C'est aussi une station de prédilection pour le crapaud commun qui y trouve suffisamment de profondeur et de tiges de végétaux pour enrouler ses oeufs. La grenouille rousse est également présente mais sera plus fréquente près des mares. On reconnait facilement les oeufs de crapaud en lanières des oeufs de grenouille en masse.

Grèbe castagneux
Tachybaptus ruficollis
Les grèbes plongent pour se nourrir.
Long. : 25-29 cm.
Env. : 40-45 cm.
 

Le rat musqué (Ondatra zibethicus) est présent — notamment sur l'île — mais non souhaité. Cette espèce fut importée d'Amérique du Nord en 1905 pour en faire le commerce de la fourrure. Ce petit rongeur, grand destructeur de berges, a malheureusement peu de prédateurs (surtout le putois) et la meilleure façon d'arrêter sa prolifération est le piège.

La partie gauche de l'étang, par sa plus faible profondeur, est un marais touffu très recherché par les oiseaux. Les poissons apprécient aussi ses eaux plus chaudes pour y frayer.

On tourne à gauche en empruntant un sentier très intéressant qui remonte le Blanc-Ry. Ce sentier fut construit en 1993 par le garde-forestier et les stagiaires de la Faculté des sciences agronomiques.

 

Borne 19(à 70 m)

La végétation le long du ruisseau est très riche : aulnes, saules, aubépine, chèvrefeuille, laîches... et quelques chênes malgré l'humidité importante. Les oiseaux y sont nombreux.

Le marais à droite est bordé de roseaux (Phragmites australis (Cav.) Steud.) (le « vrai » roseau). Les massettes un peu plus loin sont appelées « roseaux » à tort.


Cicadelle de l'aulne
Aphrophora alni Fall.
Homoptère très commun.
Taille : 8-11 mm.

Si vous trouvez, accrochées sur des tiges ou des branches, des « baves » (appelées parfois « crachats de coucou »), il s'agit en fait de larves de la cicadelle de l'aulne (Aphrophora alni Fall.) ou de la cicadelle du saule (Ptyelus spumarius). La larve de ces Homoptères très communs s'enfouit ainsi dans une masse d'écume qui la protège des prédateurs et lui garantit une température et une humidité adéquates.

Dans le ruisseau aux eaux très limpides, on remarque la stellaire aquatique (Stellaria alsine Grimm). Les abords doivent être fréquemment dégagés pour la mise en lumière du ruisseau.

Un peu plus loin, on peut observer une construction sur le ruisseau, datant de ± 1925 : il s'agit d'une prise d'eau pour l'alimentation d'un bélier hydraulique — mécanisme inventé en 1796 par Montgolfier — qui remontait, sans apport d'autre énergie que celle du ruisseau, de l'eau pour alimenter le château Saint-Jean des Bois, situé au nord du bois, sur le plateau.

À droite de la drève, les merisiers sont appréciés pour leurs fruits par le bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula), bel oiseau dont le mâle se distingue très nettement par le dessous d'un rouge-orange vif.

On continue la drève qui rejoint les mares à la borne 16 et on emprunte tout droit le chemin de Viveroux. Les bassins à droite, derrière les grillages, sont réservés à des recherches menées en pisciculture expérimentale.

 

 

   
 
Mise à jour : 13/12/01 15:02 UCL/BIOL/ECOL Webmaster : P. Califice Copyright © 2001 UCL/ECOL