La Forêt, Sa Flore, Sa Faune, Sa Gestion
Un exemple : le Bois de Lauzelle
 

Borne 10(à 180 m)

À droite, un taillis-sous-futaie, un des trois régimes existant en forêt, les deux autres étant la futaie et le taillis, couvre plusieurs hectares. Il associe les arbres de la futaie — arbres de l'étage supérieur — et du taillis — arbres du sous-étage — ; l'aspect des arbres de la futaie, encore appelés réserves, y est caractéristique : leur fût est court, leur houppier se développe largement au-dessus du taillis. Cette différence de structure des arbres selon le mode de traitement se remarque aisément dans les différents peuplements. Il faut savoir que la régénération de la futaie s'appuie sur la semence, celle du taillis sur les rejets de souche et les drageons émis par les souches et les racines de certaines arbres.

Le taillis-sous-futaie présentait l'avantage économique de fournir une importante quantité de bois de faible dimension utilisé pour des usages comme le chauffage, le tannage, lors de chaque exploitation du taillis (périodicité de 10-30 ans), tout en livrant simultanément du bois d'oeuvre provenant des arbres de la futaie.

Dans cet environnement, la futaie est surtout constituée de chênes, le taillis de bouleaux verruqueux et de cerisiers tardifs. Ce dernier trouve à Lauzelle des conditions écologiques favorisant son extension. Cette colonisation du terrain fut particulièrement perceptible à gauche : le taillis a été mis à blanc en 1975 dans le but d'y reconstituer une lande à callunes étudiée à la borne 12. Cette exploitation fut suivie d'une recolonisation massive par le cerisier tardif vouant cette tentative à l'échec. Le parterre de la parcelle fut alors entièrement « dessouché » au bulldozer, et la callune s'y réinstalla naturellement dès l'année suivante pour donner cet admirable tapis végétal que l'on peut observer en automne.

 
  Régime de la futaie
Les arbres sont issus de graines (reproduction sexuée). L'élagage naturel provient de l'état serré. Les arbres y atteignent de fortes dimensions car leur cycle est long (jusqu'à 200 ans).
  Régime du taillis
Les brins sont issus de rejets de souche ou de drageons (reproduction végétative). Les brins n'atteignent que de faibles dimensions car ils sont exploités précocement (de 5 à 30 ans).
  Régime du taillis-sous-futaie
Association des deux régimes précédents. La hauteur atteinte par le taillis détermine la hauteur du fût des arbres de la futaie (réserves) car l'élagage naturel est causé par le taillis.

Regenération du taillis

 

Borne 11(à 80 m)

Cette station est essentiellement consacrée à un insecte : la fourmi rousse. À l'origine, les fourmilières étaient liées aux peuplements résineux mais elles se sont rapidement étendues aux zones feuillues du Bois de Lauzelle.

À quelques mètres de la borne se trouvent deux fourmillières que l'on évitera toutefois de visiter. Une fourmillière est en effet très fragile. Un seul coup de pied peut entraîner sa désertion complète. Tel fut malheureusement le cas de celle qui se trouvait à côté de la borne.

 

Borne 12(à 60 m)

À droite, quelques pins sylvestres isolés ont des fûts courts et des branches de gros diamètre. Leur intérêt est esthétique. La partie supérieure du fût et les branches de couleur saumon sont caractéristiques des vieux pins sylvestres. Par contre, les pins situés à gauche, plantés en 1952, sont traités en futaie : leur fût est droit et exempt de grosses branches. Cette structure des arbres résulte surtout de la densité du peuplement. On comprend, en comparant ces deux stations, l'influence de l'écartement sur la formation de bois de qualité destiné à l'industrie. Ces jeunes pins n'ont guère encore la coloration saumonée qui apparaît ultérieurement dans la partie supérieure des arbres plus âgés.

À droite, au-delà des pins, la bruyère commune (Calluna vulgaris (L.) Hull.), s'est installée après les débroussaillements effectués il y a quelques années. Ce paysage de lande, très rare dans le Bois de Lauzelle, était plus répandu au XVIIe et XVIIIe siècle à cause de certains « droits d'usage » comme le pâturage et l'essartage consistant en une incinération de la végétation et de l'humus suivie de mise en culture, de seigle bien souvent. En 1632, la seigneurie d'Ottignies comprenait 200 bonniers de bruyères (environ 165 ha.).

Ces pratiques conduisent à la dégradation des sols : l'incinération libère des minéraux solubles et le pâturage détruit la structure; la mise à nu fréquente du sol favorise son érosion et son lessivage par les pluies. Seule la callune, qui d'ailleurs résiste aux incendies, peut encore s'installer après cet épuisement du sol. Toutefois, dès que les pratiques agro-pastorales (essartage et pâturage) sont abandonnées, le bouleau, espèce pionnière, envahit les terres dénudées et la lande, milieu semi-naturel caractérisé par une diversité typique, risque d'être perdue si des débroussaillages fréquents ne sont pas entrepris. Il est cependant parfois difficile de trouver un compromis entre rentabiliser une parcelle dégradée (ou simplement laisser faire le reboisement naturel) et vouloir conserver un paysage patrimonial, ce qui est fort contraignant mais très intéressant pour la biodiversité.

La callune était autrefois appréciée pour différents usages comme, par exemple, la litière pour les animaux domestiques; les apiculteurs en obtiennent un miel fort renommé. La présence périodique, en cet endroit, de plusieurs ruchers expérimentaux en est une illustration.

Les paysages de landes présentent une faune peu diversifiée mais très typique ; même sur une étendue aussi faible que celle-ci, le pouillot fitis est assez commun. Sur de plus grandes étendues, d'autres espèces assez attachantes pourraient s'installer : le pipit des arbres, le pipit farlouse, l'alouette lulu...

Parmi les reptiles, le lézard vivipare et l'orvet aiment ces endroits secs, ensoleillés et protégés. Certains insectes sont abondants : divers Orthoptères (sauterelles et criquets) de même que des Hyménoptères floricoles qui apprécient les fleurs de « bruyère » : bourdons et abeilles sauvages...

Un peu plus loin, des deux côtés du chemin, le forestier a sélectionné, parmi les rejets et les brins de semences de bouleau, un certain nombre de tiges qui sont éduquées en boulaie en vue de produire des arbres de fortes dimensions destinés à l'industrie du bois. Les éclaircies, effectuées tous les trois ans, vont permettre progressivement l'installation d'une flore arborescente constituée de chêne sessile, de sorbier des oiseleurs, de cerisier tardif, arbres caractéristiques de la chênaie à bouleau climacique.

Ce peuplement, au départ pur et d'un seul âge, évolue vers un autre composé de plusieurs espèces d'âges différents. Ce processus est lent. C'est la transformation de peuplements forestiers obtenue au départ de la végétation locale. La transformation peut aussi être plus radicale, en faisant abstraction de cette évolution naturelle. Ainsi, certains résineux conviennent pour améliorer plus rapidement, par plantation, la productivité forestière de sites dégradés.

 

 

   
 
Mise à jour : 19/12/01 12:25 UCL/BIOL/ECOL Webmaster : P. Califice Copyright © 2001 UCL/ECOL