![]() |
La Forêt, Sa Flore, Sa Faune, Sa Gestion Un exemple : le Bois de Lauzelle |
||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||
À droite, on peut comparer les feuilles, l'écorce et la morphologie du chêne pédonculé et du chêne rouge d'Amérique. Le chêne pédonculé fait partie de la flore naturelle du Bois de Lauzelle tandis que le chêne rouge, introduit en Europe au XVIIIe siècle, est originaire de l'est de l'Amérique du Nord. Le chêne rouge aime aussi la lumière mais il supporte mieux l'ombre au cours de ses premières années de vie que les chênes indigènes, c'est-à-dire le chêne pédonculé et le chêne sessile. Ce dernier lui est fort proche. Moins exigeant quant à la richesse du sol, il peut croître sur des sols pauvres, impropres aux chênes européens. De croissance plus rapide qu'eux, il est cependant moins longévif. Son bois, qui est de qualité légèrement inférieure, a les mêmes usages. Le chêne rouge (Quercus rubra Duroi) représente une excellente acquisition pour la sylviculture de nos régions. C'est en outre un arbre remarquable par sa coloration automnale et l'abondance de sa production de glands est très appréciée par une faune variée. À droite, à quelque distance, s'étend un peuplement de mélèzes datant de 1950. Le mélèze est un des rares résineux, avec le cyprès chauve et le métaséquoia, qui perdent leurs aiguilles en hiver. Très exigeants en lumière, ces arbres demandent individuellement plus d'espace que les autres résineux. Au cours des prochaines années, le peuplement va progressivement devenir moins serré par l'action des éclaircies. Ceci permettra le développement d'une flore et d'une faune variées. Cette station, exposée au nord, à sol profond, aéré, fertile et frais convient idéalement à cette espèce : certains arbres, en effet, ont déjà une hauteur de 30 m. En bordure du chemin, les sédiments riches apportés par le drainage ont permis la regénération naturelle du frêne et du noisetier. À la croisée des chemins, la promenade suit encore quelque temps à gauche le sentier du 550e. Une plantation de frênes a été installée à cet endroit puisque le sol y est constamment frais même durant les périodes chaudes de l'été. Ces arbres ont été particulièrement soignés par l'élagage et la taille de formation pour obtenir une bonne rectitude.
La borne 7 est située au pied de la côte, à droite.
L'arrêt à mi-pente permet l'observation d'une gélivure sur un chêne. La gélivure est une fente longitudinale située à faible hauteur sur le fût d'un arbre et dirigée suivant un plan radial affectant l'écorce et le bois jusqu'à une certaine profondeur. Elle apparaît lors des journées très froides, hivernales mais ensoleillées, et elle se produit plus fréquemment sur les pentes exposées au sud, du fait de grandes variations de température; le bois, soumis à des tensions internes intenses, se fend radialement en produisant un éclatement tout à fait semblable à un coup de fusil. La reprise de la croissance du fût en diamètre provoque la formation d'un bourrelet recouvrant irrégulièrement la blessure. Ce défaut déprécie le bois, ce qui limite ses utilisations. C'est principalement le chêne qui en est affecté, parfois le peuplier et le frêne. À droite du sentier, quelques épicéas ont été plantés par les propriétaires précédents (chasseurs) pour, en dehors de l'esthétisme d'une tache verte permanente, offrir un abri aux chevreuils sur leur circuit journalier et une protection aux oiseaux. Vers le haut, à droite, on peut à nouveau observer un peuplement de mélèzes, plus jeune que celui renseigné précédemment et placé dans de moins bonnes conditions de croissance.
La grande clairière, que l'on aperçoit ici, avait, il y a plusieurs années, une vocation particulière. Les propriétaires précédents y pratiquaient en effet l'élevage intensif de faisans (jusqu'à 3000 têtes) dans 32 volières, d'où le nom de ce lieu-dit : « l'Élevage ». Les faisans, quelque temps avant la battue, étaient libérés dans les peuplements. Cette pratique a été abandonnée dès l'achat du bois par l'Université. Les faisans, actuellement volontairement en nombre très réduit à Lauzelle, font partie de cette population sauvage dont on parle dans la note 13. Les rangées d'épicéas ont été installées comme abri pour le gibier et comme brise-vent. Cette espèce convient particulièrement à ces deux usages à cause de son couvert dense car les aiguilles d'une année, au lieu de tomber chaque automne, vivent dans nos contrées jusqu'à 5 à 7 ans. Ces arbres ont des branches vivantes jusqu'au sol et leur aspect est caractéristique des arbres isolés et de lisière. Par contre, en peuplement dense, les branches inférieures meurent par manque de lumière (élagage naturel). Ces épicéas sont aussi devenus des refuges pour les rapaces nocturnes comme le hibou moyen-duc et la chouette hulotte que l'on peut entendre hululer les journées sombres. Un petit oiseau inféodé aux conifères et particulièrement aux épicéas est également observable ici : le roitelet huppé, qui peut atteindre des densités de deux à trois couples par hectare dans les vieilles pessières. Le roitelet triple-bandeau est aussi présent mais plus rare. La parcelle se reboise naturellement par semis de bouleaux verruqueux. On l'enrichit également par des plantations de sorbiers des oiseleurs dont les baies sont appréciées par beaucoup d'oiseaux (merles, grives, rouges-gorges, fauvettes...). À la tombée de la nuit, cette grande clairière est un endroit privilégié d'observation du lapin de garenne qui entretient naturellement cette magnifique pelouse garenne . Sans pouvoir entrer dans les détails, citons néanmoins quelques autres mammifères, non encore cités, qui peuplent le Bois de Lauzelle : le renard, le putois, la belette, la fouine, le hérisson, la taupe commune, le mulot sylvestre, la musaraigne carrelet. On espère revoir un jour le blaireau (animal nocturne inoffensif qui fut la victime indirecte de la guerre au renard). À la croisée des chemins, un hêtre de grande dimension, bas branchu, présente un aspect assez pittoresque. Cet arbre constitue très probablement un hêtre « cornier » de coin laissé par les anciens sylviculteurs comme limite permanente de parcelle. Cette pratique était très fréquente dans nos pays européens. Le parcours se poursuit en suivant à gauche le sentier du bois Becquet. On remarque à droite une bourdaine en rejet (cépée), d'une taille assez élevée pour cette espèce. Ses baies, rouges puis noires, furent utilisées dans la fabrication de colorants. Le nom scientifique de l'espèce, Frangula alnus (Mill.) L. vient du latin « frangere », briser; les rameaux de la bourdaine se brisent, en effet, facilement. Son charbon de bois a été utilisé jadis dans la fabrication de la poudre à canon. Son écorce est utilisée à des fins thérapeutiques.
|
|||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||