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La Forêt, Sa Flore, Sa Faune, Sa Gestion Un exemple : le Bois de Lauzelle |
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Les ormes On rencontre deux espèces d'ormes dans le Bois de Lauzelle et nos régions tempérées : l'orme champêtre (Ulmus minor Mill. = U. campestris L. ) et l'orme de montagne (U. glabra Huds. = U. montana With.). Par suite d'hybridations spontanées, il est parfois difficile de les distinguer. L'orme champêtre, qui atteint couramment 30 m de haut, parfois 40 m, habite les vallées et les plaines du centre et du sud de l'Europe. L'orme de montagne, dépassant rarement 30 m, est réparti dans les coteaux et montagnes basses (nord et centre de l'Europe, ouest de l'Asie). Ce sont deux essences de lumière. Elles demandent un sol fertile et frais. Les fructifications sont abondantes, très précoces dans l'année c'est une des premières espèces qui fleurit et commencent vers 30 ans. Les ormes rejettent facilement de souche et drageonnent. L'orme champêtre peut vivre jusque 500 ans, l'orme de montagne est un peu moins longévif. Les ormes étaient souvent utilisés en plantation le long des routes. Cette habitude remonte à Sully qui, sur ordre du roi Henri IV, en avait favorisé la culture. Le bois d'orme est très apprécié et utilisé en ébénisterie dans la fabrication de meubles et d'escaliers. Auparavant, il servait à confectionner des moyeux et jantes de roues, wagons et instruments agricoles, on l'utilisait dans l'artillerie et la marine. Certaines crosses de fusil sont encore en orme. L'arbre souffre malheureusement d'une maladie, la graphiose (ou « maladie hollandaise de l'orme »), provoquée par un champignon (Ceratocystis ulmi (Buisman) C. Moreau), introduit sous l'écorce par deux espèces de scolytes. Jusqu'ici, dans le Bois de Lauzelle, l'orme avait montré une résistance aux attaques du ravageur en peuplements mélangés. La constitution de ceux-ci a en effet été considérée de tous temps comme étant la méthode la plus appropriée dans la lutte naturelle contre les ravageurs forestiers. En outre, l'installation de ces espèces sur des sols riches en éléments minéraux a favorisé le maintien d'un état physiologique et sanitaire excellent. Souvent, la sensibilité à la graphiose est plus prononcée chez les ormes en bordure de route ou de champs, peut-être à cause des épandages de sel pendant l'hiver, des apports de fertilisants dans les champs induisant un déséquilibre dans l'alimentation minérale de l'arbre. Son implantation sur des sols remaniés à mauvaise structure augmente, de plus, sa susceptibilité à la maladie. Dans le Bois de Lauzelle, on constate depuis peu une progression de l'attaque qui reste toutefois localisée. Tous les ormes atteints sont abattus, les branches et écorces brûlées. Cette obligation, d'ailleurs légale, est nécessaire afin d'éliminer les foyers de développement de la maladie et d'enrayer ainsi sa propagation. C'est souvent la négligence des propriétaires d'ormes qui a permis un tel développement de l'épidémie. |
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